| Jean
laborde de sa naissance à son voyage vers Madagascar. |
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| Jean
Laborde voit le jour le 15 Octobre 1805 à Auch (Gers)
où son père était forgeron. Peu de détails
sur sa jeunesse. |
| On
sait cependant qu'il entra au collège Impérial
d'Auch à l'âge de dix ans et qu'il y resta jusqu'en
classe de 3ème. II n'aurait pas été un
brillant élève. |
| Puis
il travaille quelques années à la forge paternelle
pour, à 18 ans, s'engager dans un régiment de
Dragons (1823 1826), dont il sort avec le grade de "Maréchal
des logis." |
| II
repasse à la maison paternelle pour annoncer son désir
de partir à l'aventure. Muni d'un petit pécule,
il s'embarque à Bordeaux, en juillet 1827, pour les
Indes. II emporte de nombreux objets de pacotille qui "font
le bonheur des population lointaines." |
| Arrivé
aux Indes, il vend fort bien ce qu'il a emmené et fonde
son propre comptoir commercial qui devient prospère.
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II
entre en contact avec un Maharajah qui veut acquérir
des trompettes. II signe un contrat pour en fabriquer 300.
II réussit dans cette entreprise et fait un bon bénéfice
sur cette affaire mais en plus, le Maharajah lui octroie une
prime substantielle . Ce dernier aurait eu, croit on, l'idée
de donner la main d'une de ses filles à ce gentil homme
aussi créatif. |
| Est
ce une fuite devant ce projet, ou le hasard d'une rencontre
avec un aventurier, capitaine d'un brick, Le St Roch, qui
sillonnait l'Océan Indien qui lui aurait fait miroiter
les richesses d'un trésor ? Le voila embarqué
pour Juan de Nova, cachette présumée de ce magot. |
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| Le
naufrage, la montée à Tananarive, le premier
contact |
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| Pris
dans une tempête, le St Roch se fracasse sur les rochers
à l'embouchure de la Matitanana (en face du Vohipeno
actuel) sur la côte Sud Est.Tout l'équipage s'en
sort sain et sauf mais Jean Laborde a tout perdu. |
| Ils
décident de partir vers le Nord. Bientôt ils
sont arrêtés par les habitants d'un village bien
embêtés d'une telle prise. Que va t on en faire
? les tuer? L'étincelle jaillit dans la tête
d'un vieux sage "Emmenons les au Nord où habite
un vazaha". |
| Les
voilà repartis pour une longue marche de près
de 180 km. Ils arrivent à Mahela où Napoléon
de Lastelle exploite une concession de canne à sucre.
II a passé un accord avec la Reine Ranavalona I pour
cette exploitation, ainsi que pour l'exportation de bovins,
peaux, cuir et sans doute de quelques esclaves moyennant versement
d'une participation aux bénéfices. Son employeur,
la Société de Rontaunay, fait le transport maritime
entre Madagascar et les îles de France et Bourbon. |
| Lorsque
arrivent les rescapés DE LASTELLE est absent. C'est
son frère Charles qui les reçoit. L'accueil
est chaleureux. Tous se restaurent à gogo et se reposent. |
| On
ne sait rien sur le devenir du reste de l'équipage,
mais Jean Laborde participe quant à lui aux travaux
de l'exploitation. Napoléon de Lastelle flaire tout
de suite le parti qu'il peut tirer de ce garçon intelligent
et travailleur: II sait que la Reine veut faire fabriquer
des fusils. Elle a passé un contrat avec un nommé
Droit dit Jolycoeur, mais sans résultat jusqu'alors. |
| Jean
Laborde doit être l'homme de la situation. Napoléon
prend contact avec la Reine. Les communications sont lentes.
Le temps passe. La borde trouve l'âme soeur en la personne
d'Émilie Roux (Rousse) une métisse de la région,
qu'il épouse. En cette occasion, Napoléon de
Lastelle lui offre la collection des manuels Roret, recueils
des techniques les plus avancées de l'époque
expliquées par les plus éminents spécialistes.
Ce sera son livre de chevet et la source d'inspiration de
tout ce qu'il entre prendra. |
| Enfin,
l'accord de la Reine arrive. Nous sommes en septembre ou octobre
1832. Laborde gagne sans doute Tamatave par la mer, puis monte
sur Tananarive. Mais, arrivé à Ambodin'Angavo,
il lui faut attendre encore que les devins de la Reine choisissent
le jour favorable d'entrée dans la ville des Mille.
II piaffe, envoie des courriers pour accélérer
le processus, rien n'y fait. |
| Un
beau jour, les émissaires arrivent. II pourra rencontrer
les dignitaires pour discuter du projet. Et le 12 Adizaoza1833,
il signe son premier contrat |
| II
doit travailler avec Droit, ce qui ne lui plaît point.
II choisit donc une terrain proche de celui de son concurrent
à 3 km au Nord d'llafy et se met au travail. C'est
là que naît son fils Clément. |
| En
1834 les premiers fusils sont prêts (Droit n'a toujours
rien sorti), mais, sur le conseil de De Lastelle, Laborde
attend une production plus nombreuse pour en faire la présentation
à la reine.On pense que c'est l'occasion de la première
rencontre avec Ranavalona I. II offre le "hasina",
signe d'allégeance. Les fusils sont là. On procède
aux essais. Tous les espoirs sont dépassés. |
| La
Reine félicite cet athletique jeune homme. Certains
dignitaires en sont dépités... Qu'à cela
ne tienne, la vie continue.La Reine a envie de ciseaux, il
les fabriquera, ainsi que des épées et même
des chapeaux, en paille de riz... La Reine, toute réjouie,
danse. |
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| L'affaire
du voltigeur - Jean Laborde dans
le doute |
| |
| En
1835: La Royauté Merina est en guerre contre les populations
du Sud. Une importante armée est partie combattre dans
la région de la baie de St Augustin. II faut les ravitailler. |
| Le
Voltigeur est affrété auprès de la compagnie
de Rontaunay. La Reine demande à Laborde et à
Droit de participer à l'expédition. Laborde
accepte, Droit, non. Ce sera indirectement, en plus de son
échec sur les fusils, la raison de son expulsion. |
| Après
différentes péripéties, le Voltigeur
arrive dans la baie de St Augustin. L'armée Royale
a rencontré des difficultés, elle n'est pas
au rendez vous. Les officiers qui accompagnent la cargaison
montent un guet apens contre les notables de la région
; Ceux ci sont invités à bord, mais là
après qu'ils aient bien bu , ils sont garottés,
sauf un qui réussit à s'échapper. |
| Le
bateau repart aussitôt. Les prisonniers seront conduits
à Tana où, disent certaines .sources, ils seront
ébouillantés. |
| Laborde
fut il complice? II semble plutôt qu'il ait été
un témoin impuissant.II doute alors de son destin à
Madagascar. |
| En
1836 : II aurait eu envie de repartir mais sur l'insistance
d'Émilie, de son fils Clément et peut être
de la Reine, il reste. |
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| Le
deuxième contrat |
| |
| Ilafy,
c'est bien, mais ce n'est déjà plus à
la mesure des ambitions de Jean Laborde. Les fusils et les
ciseaux, c'est de la broutille. Il faut passer à la
grosse artillerie. Les canons
et le reste. |
Pendant
son séjour à Ambodin'Angavo il a traîné
aux environs de Mantasoa. II y a trouvé à la
fois
de l'eau pour l'énergie, du minerai de fer, des argiles
diverses,du bois pour le chauffage. |
Le
28 Mars 1837 , écrit il dans son journal,
"Je fis un second traité avec le gouvernement
malgache pour créer une fonderie de canons
en fonte de fer, une verrerie, une faïencerie, papeterie,
sucrerie, raffinerie, indigoterie, savonnerie, magnanerie
: je m'étais engagé à faire plusieurs
acides, l'alun, le sulfate de fer, le bleu de prusse etc." |
| C'est
une énorme entreprise. Le schéma d'urbanisme
est déjà prêt. II est grandiose. Le complexe
s'appellera "Soatsimanampiovàna" (la beauté
immuable). Sont prévus |
- des digues de retenue pour les lacs réservoirs
- des canaux
- un haut fourneau
- des ateliers
- une cité ouvrière
- la Résidence de la Reine
- celles des grands Princes
- le bain de la Reine
- le Parc aux Antilopes
- sa propre maison,
etc ... |
| Dix
jours après la signature du contrat, il a 10 000 hommes
à sa disposition. Les dignitaires du Palais savent
maintenant qu'ils peuvent lui faire confiance.Tout est mis
en oeuvre à la fois . II est partout et en permanence
... sauf quand la Reine le demande. |
| Le
jour, il est au chantier, le soir, il potasse les fameux manuels
Roret. |
| Les
travaux du grand chantier sont mis en route. On aménage
des rizières pour tout ce monde. |
| Pour
le seconder Jean Laborde a fait venir l'un de ses frères
Jean Louis qui, bien que son ainé, fût surnommé
Monsieur Cadet du fait qu'il était son adjoint.Les
maisonnettes des ouvriers sont prêtes.On bâtit
partout sur le site de Mantasoa. |
-
Les ateliers
- Le four à faïence
- Le haut fourneau
- La magnanerie
- Le bain de la Reine mais aussi à Ampiaditanimanga:
- Le four à poterie
- Le four à tuyaux |
| En
effet, Jean Laborde mène en même temps d'autres
chantiers. L'adduction d'eau de Manjakamiadana à partir
d'un barrage qu'il construit près d'Ambohimalaza à
18 km de Tananarive (d'où les tuyaux en terre cuite). |
| En
1841, la construction du haut
fourneau est terminée. Tout heureux, Jean Laborde
annonce à la Reine "Vita ny Haut Fourneau".
C'est l'insulte. La Reine a interprété selon
la ,phonétique Malgache "Votre c... est prêt".
Consternation générale, explications, excuses;
le haut fourneau
s'appellera "Afo Mahery". |
| Cependant,
certains détails techniques échappent encore
à Jean Laborde. Le haut
fourneau ne fonctionnera qu'en 1844. II fait venir la
castine nécessaire de la région d'Antsirabé
à 220 km. La fabrication des canons
peut commencer. |
| Pour
transporter les canons
et la production, il faut une route. On la construit avec
les ponts nécessaires, sur le tracé le plus
direct par Ambohitrandriamanitra, Ambatomanga, Ambohimanambola. |
En
1847, la Reine et sa suite sont invités à la
présentation officielle. Pour les fêtes comme
pour le travail, Jean Laborde est un grand maître. A
son arrivée, la Reine est éblouie par sa résidence
dont il lui a caché l'existence.
La fanfare personnelle de Laborde l'accueille avec l'hymne
Royal. Le lendemain, elle descend à l'usine par le
grand escalier (200 marches en pierre), s'étonne devant
le fonctionnement de tous ces moulins à eau, ces machines.
Les ouvriers travaillent devant elle. Elle veut tout voir
et tout savoir. Les canons
sont présentés. Une salve est tirée en
son honneur |
| Puis,
place aux réjouissances. On tire des congrèves
incendiaires sur un village de zozoro construit à cet
effet. On assiste à des combats de taureaux ; la Reine
les apprécie particulièrement. On danse. La
fête dure plusieurs jours. Bien sûr les banquets
sont à la hauteur de la circonstance. Le soir, on tire
les feux d'artifice sur le lac congrèves. |
| II
sortira en tout des forges de Mantasoa,150 canons
dont le célèbre "Besakafo" qui doit
son nom à la grosse quantité de poudre qu'il
fallait pour le charger. Des mortiers aussi seront produits
. |
| La
Reine élève Laborde à la dignité
de 16 honneurs, la plus haute distinction malgache. |
| |
| Andrangoloaka,
Ampiadian'tanimanga, Lohasaha |
| |
| Nous
avons vu que Laborde fabriquait ses canons
en fonte de fer. II lui fallait donc du minerai de fer et
du charbon. C'est parce que tout cela était à
proximité qu'il s'était installé à
Mantasoa. |
| Le
minerai de fer était extrait à Andrangoloaka
à quelques kilomètres à l'Est, actuellement
de l'autre côté du lac. II était lavé
sur place avant d'être transporté dans les magasins
près du haut
fourneau. La forêt était toute proche. Laborde
fit monter d'énormes fours à charbon de bois
de 300 à 400 m3 chacun. II le fallait de la meilleure
qualité et il sélectionnait les bois. |
| Pour
acheminer tout cela, le transport. à dos d'hommes,
jusqu'ici le seul moyen, devenait inadapté. Qu'à
cela ne tienne on se mit à fabriquer roues et charrettes,
on dressa des boeufs, on créa une route. |
| Les
argiles d'Ampiaditanimanga convenaient parfaitement pour la
poterie. Là encore on fabriqua sur place, on construisit
un four, on forma des ouvriers. |
Mais,
Jean Laborde avait aussi promis dans son deuxième contrat
d'ouvrir une exploitation agricole.
C'est sur Lohasaha, actuellement Antanandava, qu'il fixe son
choix. |
| Fond
de vallée facile à irriguer, aux terrains fertiles,
avec un climat mieux adapté à la canne à
sucre puisqu'à 600 m d'altitude, il s'attaque à
la besogne, plantation, bâtiments, usine à sucre,
tout marche de pair. On monte les broyeurs à dos d'homme
depuis Mahanoro, mais aussi le cuivre importé de Ceylan,
les vers à soie de Chine et d'Inde, les plants d'arbres
fruitiers, les trois grands aigles pour le Palais de la Reine. |
| Là
encore, il crée des espaces réservés
à la Reine, un autre bain,(il faut croire qu'elle appréciait),
et une rizière "Antanimbarin'i Mpanjaka".
La récolte en était transportée sous
escorte d'hommes armés de sagaies à pointe d'argent.
Sur le passage de cette Royale nourriture le peuple devait
se prosterner. |
| La
canne à sucre était transformée en sucre
et en rhum. Des vestiges de l'usine existent encore. |
| Laborde
implante aussi dans la région le pommier, l'ananas
; et les tapias (faux mûriers) pour nourrir les vers
à soie. C'est là qu'Émilie fut exilée
quand elle osa tromper son mari, ... alors que lui ne s'en
privait guère ... mais pour le bon plaisir de la Reine. |
| Elle
s'occupa fort bien du domaine |
| |
| Le
Palais de la Reine |
| |
| Nous
avons lu que Laborde était à la fois au haut
fourneau et aux moulins ... à canne à sucre.
Mais il l'était aussi à la construction de Manjakamiadana
car la Reine lui avait demandé en 1839 de lui construire
un palais plus somptueux que tous les autres existants. |
| II
construisit un bâtiment de deux étages de style
très Malgache, mais avec des techniques européennes.
La pièce maîtresse en était le grand mât
central de 39 mètres de haut sur 1 m de diamètre
dont le transport fit souffrir bien des esclaves. |
| Un
adage datant de cette époque ne dit il pas : "Les
Tananariviens construisent de belles demeures, mais les gens
du Vakinadiana (Manjakandriana, Mantasoa) sont chauves avant
l'heure à force de transporter les bois sur la tête".
Le toit était couvert de bardeaux en bois. Une véranda
faisait le tour de l'édifice. (C'est en 1868 que fut
entreprise par Igakama", Cameron, l'enceinte en pierre
que l'on peut voir actuellement, après que l'interdiction
de construire en pierre fut levée, la pierre étant
réservée aux tombeaux). |
| Laborde
plaça au faîte du toit l'un des grands aigles
dont nous avons parlé précédemment, le
deuxième au milieu du portail, entre les symboles de
la fertilité, dont le phallus, qui ornent les côtés
et le troisième sur le "Tranovola", après
qu'ils aient étés exorcisés par les gardiens
des idoles. |
| |
|
Les
autres constructions
|
| |
| Bien
sûr, Laborde s'était aussi construit sa propre
maison sur un terrain que la Reine lui avait donné
à Andohalo. Elle deviendra, nous le verrons plus loin,
le premier Consulat de France. |
| Comme
il recevait beaucoup, il en construisit une autre sur le même
terrain un peu plus au Sud Ouest qu'il baptisa "Maromiditra",
c'està dire la maison où il y a toujours du
monde. |
| Un
autre terrain lui fut attribué à Ambohitsorohitra,
sur lequel il bâtit une autre maison détruite
vers 1925. |
| Pour
les intendants de la Reine et autres fonctionnaires , il construisît
plus tard, pour relever le défi de Cameron qui avait
lancé la construction en briques, la célèbre
maison "Suberbie" que l'on peut voir toujours en
très bon état, sur la .place d'Andohalo, près
du Temple International |
| Dans
un genre plus lugubre, il s'intéressa à l'architecture
et à la construction de tombeaux dont le plus célèbre
est celui sans doute de Rainiharo, le Premier Ministre. II
dressa aussi les plans de nombreux autres. |
| Un
jour, vers 1845 sans doute, il demanda à la Reine l'autorisation
de construire le sien. II en choisit l'emplacement à
Mantasoa où il est toujours en bon état. Y reposent |
-
Une fille Campan, morte en bas âge.
- Madame Campan, sa soeur
- La femme de M. Campan,
- Jean Laborde
-et enfin M. Campan. |
| Le
fils de Jean Laborde, Clément, décédé
à Ste Marie, fut inhumé sur place. |
| .Émilie,
sa femme, ne fut pas admise dans ce tombeau. |
| |
| Jean
Laborde: Sa personnalité
- L'expulsion |
| |
| Nous
avons parlé de ce que Jean Laborde a fait. (Vous pourrez
lire en annexe 1 une liste plus exhaustive dressée
par le journal Resaka, après sa mort, en 1879.) |
| C'était
donc un très gros travailleur doté d'une vive
intelligence. Quand il arrive à Madagascar, le traité
sur l'abolition de l'émigration d'esclaves était
signé depuis, peu. Mais rien n'était prévu
pour supprimer l'esclavage dans l'lle elle même. Or,
c'était une pratiqué courante, comme dans la
plupart des pays du monde. En utilisant des esclaves, Jean
Laborde ne faisait donc que suivre les habitudes de son temps. |
| Cependant,
il semble qu'il ait fait ce qu'il pouvait pour adoucir le
sort de ses travailleurs. II les logeait, les nourrissait
en partie et leur distribuait des "primes" sur ses
propres gains. |
| II
s'était pris d'affection pour le Prince RAKOTONDRADAMA
qui l'appelait "Père". II passait ,de longs
moments avec lui pour l'ouvrir aux faits di , monde extérieur.
C'était par ailleurs un "homme du monde".
II recevait beaucoup quand il était à Tananarive.
Les banquets qu'il donnait étaient somptueux et les
voyageurs qui sont passés chez lui ne manquent pas
d'en faire état. |
| II
avait sa propre fanfare pour accueillir les invités
et les divertir. II faisait l'admiration des jeunes qui se
pressaient sur son passage. Quand il rentraient chez eux,
ils prenaient les mêmes pauses que lui. Invité
au Palais, il portait le plus souvent un habit bleu à
revers marrons. II était suivi par trois serviteurs
dont l'un portait sa canne, l'autre son manteau ; le troisième
était chargé de veiller à ce que l'habit
ne fasse pas de plis quand il s'asseyait. |
| II
enseignait la danse aux jeunes de l'entourage des dignitaires
et menait quadrilles, polkas et valses. |
|
II
était catholique fervent et après l'expulsion
des protestants en 1835, les seuls vazahas restés
étaient de LASTELLE et lui même, il attendait
son heure pour introduire le catholicisme.
|
| L'occasion
se présenta lorsque le frère du Premier Ministre
que la Reine aimait beaucoup dut se faire opérer du
nez. Jean Laborde prit contact avec le professeur Milhet Fontarabie
qui déclara avoir besoin de deux aides. Sans doute
Jean Laborde suggéra t il de les choisir parmi des
missionnaires. Ce qui fut fait. C'est ainsi que le Révérend
Père Weber et le Réverend Père Jouen
débarquèrent avec le professeur. L'opération
réussit fort bien mais il fut proposé que les
assistants restent pour suivre la convalescence du malade. |
| Par
ailleurs le Père Finaz, venu avec Lambert, disait la
première messe secrète chez Jean Laborde à
Ambohitsorohitra en présence du Prince Rakotondradama
et de son épouse Bodo. Quand les missionnaires furent
de nouveau autorisés à entrer sur le territoire,
Laborde leur fut d'une grande assistance. |
| Mais
la Reine vieillisait. Elle prenait des mesures très
impopulaires. Le tanguin (poison) était administré
sans motifs. |
| Le
Prince était écoeuré. II avait fait contacter
Napoléon III pour que la France impose son protectorat
à Madagascar, ce qui était resté lettre
morte. En 1847, un groupe ourdit un complot pour destituer
la Reine. Jean Laborde est dans l'affaire, mais il y a des
fuites et les comploteurs sont arrêtés. Tous
les "Vazahas" (européens) de l'entourage
de Jean Laborde, Lambert, Ida Pfeiffer et consorts sont expulsés
dans les 24 heures. Jean Laborde aura un sursis. |
| Quand
la garde qui l'a escorté à Tamatave remonte
et annonce son départ, c'est le saccage de Soamanampiovàna
(Mantasoa). |
| L'année
suivante, un Prince de passage à Mantasoa mettra toute
son énergie à piller et détruire tout
ce qui pouvait l'être, sauf la maison. |
| |
| L'Exil,
la mort de la reine, Radama II Roi, le retour, la nomination
comme consul de France |
| |
|
Laborde
passe son exil à la Réunion et à Maurice
chez les missionnaires et chez Lambert.
|
| En
1859 la Reine meurt . Son fils Rakotondradama monte sur le
trône sous le nom de Radama II. Jean Laborde est rappelé
aussitôt ainsi que Lambert avec qui Rakotondradama avait
signé un contrat secret mirobolant lui concédant
toute l'exploitation des mines, du bois etc... , la construction
des routes et bien d'autres privilèges . Le contrat
est confirmé, ce qui n'est pas du goût des hauts
dignitaires. Radama II est jeune et utopique. II a un groupe
d'amis de débauche, les Menamaso, qui lui servent de
police parallèle. |
| C'en
est trop . Le Premier Ministre prend la tête d'un complot
visant à éliminer le Roi et le . Mai 1862, soit
3 ans après son accession au trône, il est étranglé
dans l'enceinte du Rova. |
| Mais
quelque temps avant la mort de Radama, Jean Laborde avait
été nommé le 12 Avril 1862, Consul de
France par Napoléon 111 , Empereur des Français. |
| Pour
le seconder, il fit venir son neveu CAMPAN comme secrétaire
(qui amena sa mère, soeur de Jean Laborde). |
| Durant
son Consulat, il eut à regler plusieurs litiges entre
des ressortissants français et le gouvernement malgache,
ainsi qu'entre les deux gouvernements. II trouva cependant
le temps de participer à l'élaboration de la
première carte à l'échelle 1/200.000e
de l'Imerina Central, avec Grandidier. |
| II
meurt à Tananarive le 27 Décembre 1878. Ranavalona
II lui fait faire des funérailles nationales. |
| |
| Annexe:
Ce que Ramose enseigna aux Malgaches |
| TRADUCTION |
1)
Fusils et tout ce qui s'y rapporte
2) Poudre blanche pour les capsules
3) Capsules
4) Grand fourneau pour traiter le minerai de fer (haut
fourneau)
5) Fourneaux pour fondre le fer
6) Fourneaux pour fondre le cuivre
7) Fourneaux pour faire l'acier
8) Acier
9) canon en fonte
10) Bombes
11) Grenades
12) Marmites en fonte de petite taille
13) canons en cuivre
14) Mortiers pour lancer des bombes
15) Four à fabriquer le verre (commencé à
faire)
16) Verre
17) four à faïence
18) Poteries et assiettes
19) Sabres et épées
20) Soie et machines pour l'étirer et la filer
21) Four à chaux
22) Ciment (chaux durcissant sous l'eau)
23) Charbon de bois d'excellente qualité
24) Acide sulfurique et acide nitrique
25) Peinture noire au noir animal
26) Peinture bleue avec l'indigo
27) Bleu d'azur pour le linge
28) Couleur rouge extraite du rocou
29) Savon blanc
30) Savon brun
31) Sulfate de fer (pour la couleur rouge et l'encre)
32) Sel de bois ou potasse
33) Potasse caustique (sel de bois fort) pour médicament
34) Sulfate de potasse (médicament)
35) Cuves pour tanner les peaux
36) Poudre pour fusée à la Congrève
37) Congrèves de différentes espèces.
38) II apprit aux soldats à s'en servir en les exerçant
à les lancer contre des villages construits dans ce
but avec des roseaux (zozoro)
39) Trois grands soufflets de forge mus par l'eau
40) Sucres divers
41) Sucre en pain
42) Sucre blanc, rouge, bleu, sucre candi
43) Briques et tuiles diverses pour toiture
44) II cultiva la vigne et fit 3 barriques de vin
45) Cire à cacheter rouge pour correspondance. Ceux
qui travaillèrent à fabriquer cette cire furent
promus 8 honneurs
46) Paratonnerre
47) Aqueducs venant d'Ambohimalaza et d'Ambohibe pour conduire
l'eau au palais de la Reine.
|
| Et
voici la liste des machines qu'il fit |
1)
Machine pour actionner la soufflerie ou machine à pistons
2) Machine à broyer le minerai de fer et de chaux
3) Machine à laver le minerai
4) Machine à percer les canons
5) Machine à couper la tête des canons
6) Machine pour fabriquer le papier
7) Machines nombreuses pour étirer la soie
8) Machine pour la filer
9) Machine pour écraser et presser la canne à
sucre
10) Marteau pilon. |
| Ramose
construisit encore le palais de la Reine et sa maison deMahazoarivo. |
| Et
le nombre de travailleurs qu'il instruisit est le suivant:
Maçons 400 - Forgerons 200 - Menuisiers 120. |
| II
apprit à trier les minerais de fer et de cuivre, à
choisir les bois et la terre à poterie. II dressa beaucoup
de boeufs qui travaillaient la terre et transportaient le
charbon venu de la forêt. |
| II
éleva les antilopes de la reine à côté
de Mantasoa. II importa en Imerina 2 espèces de boeufs
sans bosse 1) : une espèce venant de Normandie, 2)
: une venant de Bretagne. |
| |
| Arbre
généalogique |
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